Plan d'Astilag

Voici donc le plan de la cité lacustre d'Astilag. Des indications sont fournies en langue ilim sur certains lieux et bâtiments emblématiques de la ville et du roman. Les quartiers d'Astilag sont également délimités par différentes couleurs et nommés dans la légende au bas du plan. 

COMMENT LIRE CE PLAN


D'abord, en haut :

À gauche, l'échelle : la longueur indiquée représente 500 ftarouoim, soit environ 200 mètres (1 cm = 50 m).

Au centre, le nom : Astilag Takgaram, la ville d'Astilag

À droite, la direction : la flèche indique le nord (en ilim : hissaxatahr, d'où la lettre « h »).

La ville s'étale donc d'est en ouest à partir du pont qui la relie au continent.


Les bâtiments représentés sur le plan (bien entendu, ils ne sont pas à l'échelle):


À gauche : Bradjsano di gara (la maison du père de Bradjsano); voir plus bas

Au centre : Ohigara (le Temple); voir plus bas

À droite : Takgaramilimgara (la Maison des Citoyens); voir plus bas


Les bâtiments indiqués sur le plan 


Dans la partie supérieure, de gauche à droite :

Bradjsano di gara (la maison du père de Bradjsano, où la petite sourde est née)

Vanpanagara (la Maison du Conseil) et ses annexes administratives

Ohigara (le Temple)

Takgaramilimgara (la Maison des Citoyens), construite par les Enrichis pour s'opposer au pouvoir de la religion et des familles aînées

Mordimi Radjinitchi gara (la maison de Mordimi Radjinitchi); Radjinitchi fait partie des 50 familles d'Enrichis qui essaient de s'approprier le pouvoir à Astilag; son fils, sa fille et sa femme joueront un rôle important dans la partie du roman consacrée à Astilag.


À gauche du plan, de haut en bas :

Tsanagara (l'Hôpital), géré par la communauté des Soeurs de la Pénitence, qui possèdent un couvent dans l'arrière-pays

Vikra loc (La Place du Marché), où se déroulera l'une des scènes clés du roman


À droite du plan :

Aglim Zordihabrilgara (l'Auberge du Bord de l'eau), qui fait office d'hôtel et, dans une grande salle du rez-de-chaussée, de taverne.


En bas du plan :

Mintsanagara (le Dispensaire), géré par les Soeurs de la Pénitence pour les habitants du Quartier des pauvres (entouré de noir)


Enfin, la légende au bas de la page :

Takgaramdirim (les Quartiers)

En vert (au nord-ouest) : Ohigara as inblitilim takgaramdir (Quartier du Temple et des familles aînées)

En jaune or (au nord-est) : Djanenamim takgaramdir (Quartier des Enrichis)

En violet (à l'ouest) : Tilguedagrho takgaramdir (Quartier du Port ou Quartier des Pêcheurs)

En rouge (au centre) : Tsanagara takgaramdir (Quartier de l'Hôpital)

En orangé (au centre-sud) : Kalhaxatahr takgaramdir (Quartier Sud)

En noir (au sud-est) : Nénamim takgaramdir (Quartier pauvre)

En marron (au sud-est) : Hétzimrila takgaramdir (Quartier des ateliers, fabriques et entrepôts)


Voici d'ailleurs la description qu'on trouve au chapitre II de la deuxième partie du tome I de LA CONSTELLATION :

« Depuis le haut de la colline qui surplombait le lac et dans la molle descente jusqu'au rivage, on avait une vue magnifique sur le pont, long d'une centaine de coudées et assez large pour laisser passer plusieurs charrettes de front, qui reliait la terre ferme et la cité lacustre, vaste agglomérat de bâtiments, de rues, de canaux, de passerelles et de quais. On pouvait encore deviner, dans le noyau initial de la ville, l'intention qui avait présidé à sa construction : séparer les familles aînées, qui avaient la haute main sur les destinées matérielles et spirituelles d'Astilag, et le reste de la population. Ainsi, sur les rives d'un canal qu'enjambaient de multiples ponts se faisaient face, au nord, le Temple, autour duquel s'agglutinaient la Maison des Kamam, la Maison du Conseil et ses annexes administratives (dont la Caserne des Miliciens) ainsi que de riches demeures ‒ les plus somptueuses bordant le canal ‒, et, au sud, l'Hôpital, flanqué d'habitations comportant plusieurs étages et dont le rez-de-chaussée était occupé par des boutiques de toutes sortes. Le quartier populaire se prolongeait vers le sud par des rues bordées de maisonnettes menant à l'ancien port de pêche, en partie comblé et transformé en marché.

Au fil du temps, la ville s'était agrandie, souvent de façon anarchique. Le port de pêche, qui avait été déplacé vers l'ouest, face au lac, était protégé de ses fureurs par deux longues jetées en forme de bras arrondis. Tout le long des quais vivaient les pêcheurs, dans des maisons aux façades peintes de couleurs pastel. Bradjsano était née dans ce quartier.

Au sud du marché s'était développé un quartier de bicoques souvent insalubres, où se mêlaient miséreux et gens à petits moyens, que la maladie ou l'âge empêchaient de bien gagner leur vie. Les sœurs de la Pénitence y avaient établi un dispensaire et une soupe populaire qui apaisaient un peu cette souffrance silencieuse.

À l'est du quartier de l'Hôpital s'étendaient les fabriques et les ateliers : drapiers, potiers, menuisiers ainsi que brasseurs, ces derniers installés vis-à-vis du ruisseau qui se jetait dans le lac et qui fournissait l'eau servant à la fabrication de la siraka, la principale boisson consommée à Astilag.

Enfin, du côté nord du canal qui séparait la ville en deux, depuis la limite du quartier du Temple jusqu'à l'extrémité est de la cité lacustre, s'étendait le quartier des Enrichis. Bradjsano avait lu dans une Histoire d'Astilag que, selon la légende, des pêcheurs avaient, il y a fort longtemps, ramené dans leurs filets des algues sur lesquelles s'accrochaient des centaines de petits coquillages bleu pâle qu'on appela kauri. Les pêcheurs en firent don au Temple. Comme les récoltes de kauris se poursuivirent, le Conseil des aînés, présidé par le Maître Kama, vit dans cette découverte un signe envoyé par Ohi : ce coquillage pourrait servir de monnaie, remplaçant ainsi le troc, qui faisait trop souvent l'objet de contestations. Le kauri fut donc progressivement mis en circulation par le Temple, qui en fixa la valeur. Les pêcheurs étaient tenus de rapporter tous les kauris attrapés dans leurs filets, faute de quoi ils s'exposaient à des sanctions. Pour les rétribuer, on leur remettait une partie infime des prises. Bien entendu, plusieurs pêcheurs conservèrent en douce des kauris. Pour contrer ce recel, le Temple fit appel à des artistes pour graver sur les coquillages un huit orné, difficile à imiter. Le chiffre huit, qui se dit ohi en ilim ‒ terme qui signifie « Dieu » ‒, fit du kauri un objet béni. Le recel de coquillages cessa. L'auteur de L'Histoire d'Astilag, membre d'une famille aînée, avait conclu que « de toute manière, la ressource avait fini par s'épuiser ». Il mentionnait brièvement plus loin que des gens d'Astilag, qui avaient fait fortune par des procédés discutables, cherchaient depuis lors à étendre leur pouvoir sur la cité. Bradjsano était restée sur sa faim. Elle avait cherché à en savoir plus sur ceux qu'on appelait les « Enrichis », mais les sœurs à qui elle s'était adressée n'avaient fait que répéter la version officielle propagée par le Temple : les Enrichis étaient des gens peu scrupuleux qui perdaient leur âme dans la quête des richesses matérielles.

Bradjsano s'était donc tournée vers son amie Vasibo, qui s'était fait un plaisir de lui raconter la version des Enrichis. Selon la légende, après que la ressource se fut tarie, un pêcheur, égaré par une tempête soudaine, avait découvert tout au bout du lac, là où une chute gigantesque y déversait ses eaux, un important gisement de kauris. Il avait ainsi rapporté à Astilag des milliers de coquillages, qu'il avait soustraits au Temple. Il avait fini par s'associer à un membre ruiné d'une famille aînée et, ensemble, ils avaient suborné quelques artistes chargés de graver les kauris, ce qui leur avait permis d'introduire dans le circuit économique leur propre monnaie, identique à celle créée par le Temple. Quand le stratagème avait été éventé, il était trop tard : le pêcheur avait eu le temps d'effectuer plusieurs allers et retours vers sa source d'approvisionnement et il pouvait désormais compter sur une réserve suffisante de monnaie pour soudoyer des membres du Conseil et éviter toutes représailles de la part du Temple. Le pêcheur fit bénéficier sa famille élargie de sa nouvelle richesse. Son associé, qui avait été rejeté par ses pairs et qualifié péjorativement d'« Enrichi » (djanénamikalradjrék ‒ littéralement « ancien pauvre » ‒, qu'on abrégeait en djanénam) agit de même. Au fil du temps, un quartier neuf se développa à côté de celui du Temple. Pour bien marquer leur puissance, les Enrichis, qui avaient repris orgueilleusement le qualificatif méprisant dont on les avait affublés, érigèrent au bord du canal un grand bâtiment, encore plus haut que le Temple, qu'ils appelèrent la Maison des Citoyens (Takgaramilimgara). Ils avaient formé un comité des Cinquante, regroupant la cinquantaine de familles d'Enrichis d'Astilag, qui votait les décisions prises par le comité des Cinq, dirigé par un Doyen. Richesse et arrogance allant souvent de pair, ils tentaient depuis des lustres de retirer au Conseil ses pouvoirs sur l'administration civile de la cité, pour ne lui laisser qu'une autorité sur les questions religieuses, mais le Temple exerçait encore une forte influence sur les esprits, même chez certains Enrichis. Depuis longtemps déjà, avait ajouté Vasibo, les Enrichis, qui contrôlaient pratiquement toute l'économie, ne faisaient plus instruire leurs enfants par le clergé, mais par des précepteurs recrutés parmi les scribes formés par le Temple. Ils avaient même créé, dans l'enceinte de leur Maison des Citoyens, des classes de comptabilité et de gestion des affaires pour leurs adolescents. »  p. 106-110


« Au bout du pont débutait le canal principal qui coupait la ville. La route bifurquait alors, se transformant en deux avenues pavées, bordées d'immeubles. L'une de ces rues, qui longeait la rive sud du canal, menait à l'Hôpital, au marché et au port de pêche. L'autre, beaucoup moins encombrée, traversait le quartier des Enrichis, puis celui des familles aînées, passant successivement devant la Maison des Citoyens, la Maison des Kamam, le Temple et la Maison du Conseil. La rue de l'Hôpital, elle, grouillait d'activité. Des gens y faisaient leurs courses dans les boutiques installées au rez-de-chaussée des immeubles, couraient à des rendez-vous, effectuaient des livraisons, se regroupaient pour discuter au milieu de la chaussée, étalaient sur le sol des articles qu'ils vendaient à la sauvette ou conduisaient eux-mêmes des charrettes qui essayaient de se frayer un chemin parmi la foule.

Après avoir dépassé le quartier des fabriques et des ateliers, et parcouru une bonne distance le long du canal, Ohihétio et ses amies parvinrent à l'Hôpital.

Durant le trajet, Bradjsano s'était émerveillée, comme si c'était la première fois, devant ce décor si animé. On lui avait expliqué que toutes les constructions d'Astilag étaient en bois parce que ce matériau était le plus léger que pouvait supporter la forêt de pilotis enfoncés dans les eaux du lac. Les rues étaient certes revêtues de pavés, mais ces pavés reposaient eux-mêmes sur une sorte de plancher de bois. Dans les livres qu'elle avait lus sur l'histoire d'Astilag, on racontait qu'à leur arrivée sur ce territoire, les Épargnés n'avaient trouvé qu'une immense forêt. Comme ils craignaient ce lieu inhospitalier, ils avaient décidé de se réfugier sur le lac. Peu à peu, la ville s'était construite sur l'eau et, à mesure qu'elle grandissait, la forêt diminuait de taille, si bien que l'arrière-pays avait été transformé en grande partie en pâturages et en plaine cultivée. » p. 112-113
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